jeudi 17 avril 2014

Entrevue avec un kinésiologue en réadaptation physique


Voici une entrevue effectué auprès d'un ancien élève de l'Université du Québec à Montréal en kinésiologie. Jérémy travail chez Physio extra depuis maintenant deux ans dans le domaine de la réadaptation physique et a l'habitude d'intervenir auprès de personnes lombalgiques. Cliquez sur le lien ci-dessous afin de visionner l'entrevue que j'ai effectué auprès de Jérémy.

https://vimeo.com/92296259

Les exercices déconseillés (Partie 2)



Avant d'énumérer les exercices de renforcement du dos, il est important de comprendre la structure de la colonne vertébrale.  La raison pour laquelle elle prend la forme d’un « S » est simple. Cette dernière permet l’amortissement des chocs et une mobilité.  Il n’y a pas que ce facteur qui réduit le stress sur la colonne.  Les anneaux fibreux peuvent être comparés à des coussins entre chacune des vertèbres. Leur élasticité permet de résister aux étirements et d’amortir les impacts. Ce cousinage diminue en épaisseur au fur et à mesure que la journée avance puisqu’il doit supporter le corps à travers les activités du quotidien et la force gravitationnelle. C’est lors du sommeil que les anneaux reprennent leur épaisseur puisqu’ils n’ont plus à supporter le poids du corps. Cependant,  il y a des limites aux compressions lombaires. Une trop grande compression exercée à répétition sur les disques pourrait diminuer leur élasticité et limiter leur action protectrice.  Il est nécessaire de prendre des périodes de repos et d’alterner les postures afin de diminuer la pression sur les disques et de favoriser leur récupération. Certains mouvements qui imposent des forces extrêmes au niveau lombaire sont à éviter. Ce type de mouvement effectué à répétition pourrait provoquer des douleurs au niveau lombaire (Sylvain Lavoie, Université du Québec à Montréal, 2011).

Les exercices de renforcement du dos  peuvent être très contraignants pour la colonne vertébrale. Il est bon de renforcer le dos. Cependant, il faut tenir compte  que la compression exercée au niveau lombaire ne devrait pas dépasser la résistance de la colonne vertébrale et que les mouvements respectent sa mobilité (Jean-François Harvey, 2011). Il est important de noter qu’une structure souple permet une plus grande amplitude de mouvement et un amortissement des  impacts (Denis Marchand, Université du Québec à Montréal, 2012).  Effectuer des postures extrêmes qui ne répondent pas au besoin naturel des muscles du dos d’aligner la colonne vertébrale pourrait provoquer des douleurs au niveau lombaire.

Les exercices de renforcement du dos ci-dessous sont à éviter pour les personnes lombalgiques. Les personnes lombalgiques et qui se classent parmi les patrons 1,3 et 5 de la classification des lombalgies du Canada devraient éviter ce type d’exercice.

Exemples d’exercices déconseillés de renforcement du dos:





Les postures qui impliquent une hyperextension au niveau lombaire (souvent retrouvés au yoga) ne sont pas recommandées parce qu’elles exigent un degré de mobilité de la colonne vertébrale que l’on ne peut pas retrouver chez la majorité des gens.  Les personnes lombalgiques et qui se classent parmi les patrons 2 et 4 de la classification des lombalgies du Canada devraient éviter ce type d’exercice.

Exemples d’exercices déconseillés d’extension extrême :


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Les postures en flexion extrême vers l’avant ne devraient être effectuées que par des gens avec une très grande mobilité et flexibilité (Jean-François Harvey, 2011). Les personnes lombalgiques et qui se classent parmi les patrons 1,3 et 5 de la classification des lombalgies du Canada devraient éviter ce type d’exercice.

Exemples d’exercices déconseillés de flexion extrême :


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Références :
Denis Marchand, (2012). Kin3095 : Blessures musculosquelettiques. Maux de dos. Université du Québec à Montréal.

Jean-François Harvey, L’entrainement Spinal. Un dos en bonne posture. (2011, Les Éditions de l’Homme).Groupe livre Québécor Media inc. (Montréal,Québec).

Sylvain Lavoie et al., (2011). Kin3091 : Motricité humaine : aspects cinésiologiques. Tronc 2 : Généralités anatomiques et anatomie et cinésiologie du tronc. Université du Québec à Montréal.

Les exercices déconseillés (Partie 1)



Vous retrouverez ci-dessous des exercices déconseillés puisqu’ils imposent beaucoup de stress au niveau lombaire. La répétition de ces exercices pourrait contribuer à d’éventuels problèmes de dos. La plupart des exercices pouvant augmenter la pression au niveau lombaire sont des exercices de renforcement des abdominaux, de renforcement du dos et les postures extrêmes (souvent effectués au yoga).

Les exercices de renforcement des abdominaux qui mobilisent les jambes et où les pieds ou les jambes sont accrochés augmentent la tension au niveau des fléchisseurs de la hanche qui ont pour rôle d’effectuer la flexion de la hanche et l’antéversion du bassin. L’accentuation de l’antéversion du bassin implique aussi l’action des muscles extenseurs lombaires ce qui  aura pour effet d’accentuer la lordose lombaire et d’augmenter la pression au bas du dos. Ces exercices qui sont censés renforcer les abdominaux renforcent principalement les fléchisseurs de la hanche (psoas et iliaque). Ce type d’exercice n’est recommandé à personne parce qu’ils pourraient provoquer des problèmes au dos (Sylvain Lavoie, Université du Québec à Montréal, 2011).

Exemples d’exercices  qui impliquent principalement les fléchisseurs de la hanche :




Les exercices qui exigent d’effectuer une torsion  du tronc sont à éviter pour les personnes qui ont une hernie discale, car elles augmentent la compression exercée sur les vertèbres lombaires (Sylvain Lavoie, Université du Québec à Montréal, 2011).

Une hernie discale lombaire consiste généralement en la rupture de l’anneau fibreux ; le nucléus pulposus s’infiltre alors dans la brèche et fait saillie dans les tissus environnants. Si la partie herniée appuie sur la moelle épinière (ce qui est souvent le cas, car c’est du côté postérieur que l’anneau fibreux est le plus mince) ou sur les nerfs spinaux issus de celle-ci (l’une des faces latérales), elle peut provoquer de l’engourdissement et une douleur insupportable (Elaine N. Marieb, Anatomie et physiologie humaines).

De plus, selon la classification des lombalgies du Canadien Back Institute (CBI), que vous pouvez retrouver dans la première publication de mon blogue, les mouvements de flexion du tronc ne sont pas recommandés pour les personnes classés dans les patrons 1,3 et 5.

Exemples d’exercices déconseillés impliquant une rotation du tronc :




 

Références :

Elaine N.Marieb, René Lachaîne.,(2005).Anatomie et physiologie humaines 3e édition, édition du renouveau pédagogique inc.,Canada, p.227

Sylvain Lavoie et al., (2011). Kin3091 : Motricité humaine : aspects cinésiologiques . Fascicule 2 : Généralités anatomiques et anatomie et cinésiologie du tronc. Université du Québec à Montréal.

mardi 15 avril 2014

La posture du rachis


La posture se définit comme la position adoptée par le corps dans l’espace. Celle-ci s’adapte aux évènements et aux situations de la vie. Chacun à sa posture qui lui est propre et qui est basée sur son bagage génétique (Jean-François Harvey, 2011). 

Les bienfaits d’une bonne posture permettant de diminuer le stress mécanique sur la colonne vertébrale :

• meilleure efficacité des mouvements; 
• plus grand niveau d’énergie;
• meilleure digestion; 
• meilleure circulation sanguine; 
• meilleure respiration; 
• activation des muscles profonds du dos;
• plus grande détente musculaire; 
• meilleure apparence. 

 La colonne vertébrale n’est pas droite. Elle compte des courbures nommées lordose (2) ou cyphose (1). Celles-ci attribuent à la colonne mobilité, résistance et légèreté (Jean-François Harvey, 2011).



Les douleurs lombaires peuvent être occasionnées par des déformations de la colonne vertébrale due à l’adoption de mauvaises postures au quotidien.


http://sos-mal-au-dos.com/wp-content/uploads/2013/06/courbure1.jpg

L’hyperlordose lombaire est l’exagération de la lordose lombaire de la colonne vertébrale. Un poste de travail en position assise sur de longues périodes de temps (Ex : étudiants, secrétaires, etc.) occasionne le raccourcissement des fléchisseurs de la hanche et des érecteurs du rachis et l’étirement des extenseurs de la hanche et des abdominaux (Kendall et al., 2013). 

L’hypercyphose thoracique est l’exagération de la cyphose thoracique de la colonne vertébrale. Cette mauvaise posture est souvent adoptée par des gens qui travaillent de façon régulière en position assise et les bras à l’avant du corps sur de longues périodes de temps (ex : secrétaire, camionneur, hygiéniste, etc). L’adoption de cette position de façon régulière peut provoquer l’étirement et l’élongation des érecteurs du rachis, le raccourcissement et la tonicité des fléchisseurs du tronc et des rotateurs internes de l’épaule (grand dorsal, grand et petit pectoral) (Kendall et al., 2013). 

La scoliose est une courbure de la colonne vertébrale en «S» sur le plan frontal. Il existe deux types de scoliose. La scoliose structurale est associé à une déformation des vertèbres tandis que l’attitude scoliotique est due à des déséquilibres des muscles profonds de la colonne vertébrale pouvant être corrigé par des exercices. Plus la scoliose est sévère, plus les risques de maux de dos sont élevés (Jean-François Harvey, 2011). 

L’entraînement en proprioception 

 

Pour améliorer la posture, il est essentiel de favoriser des exercices sollicitant l’aide des propriocepteurs. Ceux-ci, sont responsables de percevoir les changements de position du corps dans l’espace afin d’informer le système nerveux des changements pour que ce dernier ajuste la commande des actions musculaires appropriées. Les propriocepteurs se situent à différents endroits dans le corps. Il existe des récepteurs dans les articulations, les muscles, la peau, les tendons, les os, les organes et même les poils. Un bon fonctionnement des propriocepteurs permettra de maintenir une posture stable et équilibrée et diminuera les contraintes au dos. Pour travailler la proprioception, il est nécessaire de déstabiliser au moins un type de récepteur. De cette façon les autres propriocepteurs seront surchargés et devront s’adapter en conséquence. 

Éléments à maîtriser pour avoir une bonne posture 

L’enracinement

 

L’enracinement fait référence au contact du pied avec le sol. Il permet à la colonne vertébrale d’avoir une bonne base de support. Il existe deux types d’enracinement. 

L’enracinement debout 

Un bon contact des pieds avec le sol est essentiel afin d’avoir une bonne posture. Pour ce faire, les propriocepteurs et les muscles profonds des pieds devront travailler de pair afin de répartir le poids équitablement sur les pieds et que ceux-ci épousent le sol de façon solide et détendu. Passez le plus de temps possible les pieds nus. Cela permettra de mieux sentir le contact des pieds avec le sol, et de stimuler à la fois les propriocepteurs et les muscles profonds des pieds. De plus, choisissez des chaussures neutres et évitez les talons hauts afin de stimuler le pied dans sa position naturelle. Le port de talon haut accentuera la lordose lombaire et augmentera la charge sur les extenseurs lombaires. 

L’enracinement assis

La pression exercée sur les disques intervertébraux varie selon la position du corps. La position assise accroît de 50% la pression exercée sur la colonne vertébrale et de 150% avec une flexion du tronc. Étant donné que la majorité des gens passent un grand nombre d’heures en position assise, il est nécessaire d’adopter un bon enracinement assis. Pour ce faire, il est nécessaire de garder les pieds à l’avant du siège (éviter de croiser les jambes), de placer le bassin au fond de l’assise et de répartir le poids également sur les deux ischions. L’enracinement des pieds affectera l’alignement du bassin qui doit être bien positionné afin d’offrir une bonne base à la colonne vertébrale. De plus, il est recommandé de varier les postures assises et debout afin de diminuer les contraintes imposées au dos. 

L’élongation de la colonne vertébrale

 

La tête 

Afin de garder un dos droit, il faut commencer par le positionnement de la tête. Celle-ci doit être placée de sorte que les yeux regardent à l’horizon sans rentrer ou lever le menton.

Le cou 

De plus, il est important de prendre conscience du positionnement du cou. Pour ce faire, l’astuce est de s’imaginer qu’une ficelle est placée au sommet du crâne et qu’elle le tire doucement vers le haut. Le cou devra s’allonger vers le haut sans fournir d’efforts ce qui allongera la colonne.

 La colonne

La visualisation de l’allongement de la colonne doit se faire à partir du sacrum jusqu’au sommet de la tête (Jean-François Harvey, 2011). Intégrer ces principes au quotidien devrait déjà avoir un impact sur votre posture et vous permettre de gagner quelques centimètres. 

Références :

Jean-François Harvey, L’entrainement Spinal. Un dos en bonne posture. (2011, Les Éditions de l’Homme).Groupe livre Québécor Media inc. ( Montréal,Québec).
 
Kendall, H.O., Kendall, F.P., et Wadsworth, G.E. Les muscles - bilan et étude fonctionnelle, 2e Édition. Paris: Maloine, 1979.

samedi 29 mars 2014

Les mythes de l'entraînement pour le dos


Dr Stuart McGill est professeur de biomécanique de la colonne vertébrale à l’Université de Waterloo en Ontario. Les gouvernements, les entreprises, les experts juridiques, les athlètes d’élite et les équipes sportives provenant du monde entier lui demandent conseil. Les cas les plus difficiles lui sont souvent référés. Il a écrit plusieurs livres sur le sujet dont ; Low back disorders, Ultimate back fitness and performance,… S’il y a un expert en ce qui a trait au dos, c’est bien lui (Université de Waterloo, département de kinésiologie 2014).

Dans le vidéo ci-bas, le Dr Stuart McGill vous fera part de quelques mythes vis-à-vis l’entraînement visant la réadaptation des personnes lombalgiques. De plus, il fera quelques recommandations d’exercices permettant d’améliorer l’endurance des muscles du tronc.

Le tableau suivant est un aide-mémoire résumant différents mythes sur les douleurs lombaires, les blessures, les exercices, le soulèvement de charge et le renforcement des stabilisateurs.


Mythes
Réalité
Mythe 1
Les blessures au niveau lombaires sont rares.
La plupart des gens auront un épisode de douleur au niveau lombaire à moment de leur vie. Il n’est pas rare qu’une personne a une hernie discale et ne le sait même pas.
Mythe 2
Nous avons besoin d’un dos flexible.
Les personnes qui ont une plus grande mobilité au niveau lombaire sont plus à risque de développer des douleurs lombaires dans le futur. Les muscles du tronc ont pour rôle principal d’arrêter et de retenir le mouvement.
Mythe 3
Pour éviter les blessures, il faut renforcir sont dos.
Il est préférable d’avoir un dos endurant que d’avoir un dos très fort.
Mythe 4
Plier vos genoux lorsque vous soulevez une charge.
Le lever d’une grande charge devrait s’effectuer principalement avec les hanches. Une personne qui lève des charges de façon répétitive par l’entremise de ses genoux est à risque de faire de l’arthrose à cet endroit.
Mythe 5
Rentrer le ventre pour travailler le «core».
Afin de stabiliser la colonne vertébrale, il faut raidir le transverse lors de l’exécution d’un exercice. Cela permettra de réduire la charge sur les disques intervertébraux au niveau lombaire.
Mythe 6
Les redressements assis donnent une belle palette de chocolat.
Des redressements assis amènent la colonne lombaire en flexion antérieure ce qui augmente le stress sur la partie postérieur de l’anneau fibreux. À répétition cela pourrait provoquer un renflement du disque intervertébral pouvant venir irriter le nerf sciatique.

Références :
University of Waterloo (2014). Kinesiology. People profiles. Stuart McGill. Récupéré sur uwaterloo.ca : https://uwaterloo.ca/kinesiology/people-profiles/stuart-mcgill
Université of Waterloo (2011).Stuart McGill. Récupéré sur youtube.fr : https://www.youtube.com/watch?v=033ogPH6NNE

jeudi 13 mars 2014

L'activité physique et le phénomène de la douleur (Partie 2)


Il est important d'arrêter tout activité physique dès l'atteinte du point d'inflexion d'intensité de la douleur. Le point d'inflexion est le point où l'intensité de la douleur augmente durant un effort physique.Un arrêt dépassé l'atteinte de celui-ci entraînera une augmentation de la douleur et la tolérance à l'activité diminuera de plus en plus.Cependant, si le point d'inflexion est respecté, la tolérance à l'activité physique augmentera de plus en plus (Institut de kinésiologie du Québec, Le point d'inflexion de l'intensité de la douleur, 2011).

Yvan Campbell, Le point d'inflexion de l'intensité de la douleur, (2011, Institut de kinésiologie du Québec).

Il existe aussi des mécanorécepteurs, responsables de la sensibilité mécanique qui elle, s’implique dans un système nommé lemnisque médian.  Ces deux systèmes sont intimement liés de façon à ce qu’un influx provenant du système spinothalamique puisse être supprimé par un influx provenant du système lemniscal. C’est ce que l’on nomme la théorie du portillon.  Ainsi,  une stimulation de la voie lemniscale (sécrétion d'endorphine) tendrait à ouvrir cette «porte» et réduire l’influx de douleur. C’est entre autres pour cette raison que l’activité physique serait bénéfique afin de gérer la sensation de douleur, car elle ouvrirait la porte de la douleur.


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Il existe plusieurs autres bienfaits de l'activité physique sur les lombalgies chroniques dont; une diminution de l'atrophie des fibres musculaires de type II, une augmentation de la diffusion des éléments nutritifs dans les disques intervertébraux, une augmentation de la guérison des structures du dos, une diminution de la peur du mouvement (kinésiophobie), une diminution de la concentration plasmatique au repos de bêta-endorphine, une augmentation plasmatique de sérotonine postexercice et une diminution de l'inflammation dues à une augmentation de concentration plasmatique de cytokines et à la diminution de protéines C-réactive (Dr Yves Henchoz, Lombalgies non spécifiques: faut-il recommander l'exercice et les activités sportives,2011).



Références:  


Yvan Campbell, Le point d'inflexion de l'intensité de la douleur, (2011, Institut de kinésiologie du Québec).

Yves Henchoz, Lombalgies non spécifiques: faut-il recommander l'exercice et les activités sportives, (2011, Revue Médicale Suisse). Service de rhumatologie et de médecine du sport. (Lausanne,Suisse).



dimanche 9 mars 2014

L'activité physique et le phénomène de la douleur (Partie 1)



La douleur ne doit pas prendre le dessus de notre vie, il est important de garder le plus d'autonomie par rapport à sa santé. Le système nerveux intervient toujours dans le phénomène de la douleur. Il est indispensable de s'efforcer à l'équilibrer. C'est l'un des objectifs de l'entraînement spinal (Jean-François Harvey, 2011).  
  
L'importance de l'activité dans le contrôle de la douleur
  
« La douleur est une expérience sensorielle et émotionnelle désagréable, associée à une lésion tissulaire réelle ou potentielle, ou évoquée en termes d’une lésion.» (Association internationale pour l’étude de la douleur, 1976)
  
Concentrons-nous sur l’aspect physiologique de la douleur. La douleur peut se diviser en deux composantes; soit la composante sensorielle et musculosquelettique (emplacement, intensité et nature) ou la composante nerveuse (régisseur de la douleur affective et motivationnelle).
  
La douleur aiguë est de courte durée et a comme fonction essentielle d’alerter l’organisme de toute menace sur celui-ci. Elle est due à une stimulation extérieure (nocicepteurs) (Purves, 2005). Celle-ci est interprétée comme message de danger dans le système nerveux central qui est le centre d’interprétation de la douleur. Le message dangereux est transmis le long de la moelle épinière par le second neurone qui se connecte dans différentes zones du cerveau. Certaines de ces régions vont localiser l’intensité et localiser la zone douloureuse (le cortex somatosensoriel) alors que d’autres seront responsables de donner un autre aspect de la douleur : l’aspect désagréable, ou émotif. C’est à ce moment qu’un signal de danger est interprété comme un signal de douleur. Cette zone s’appelle le système limbique qui est responsable de gérer les émotions. Ce système évaluera la douleur dans son contexte et déclenchera une réaction émotive face à celle-ci.
  
On appelle douleur chronique ou persistante une douleur qui dure depuis 12 semaines  ou plus. Les neurones qui transmettent le message dangereux émettent de plus en plus de neurotransmetteurs dans la fente synaptique. Le système nerveux devient alors hypersensible et déclenchera un système d’alarme à un seuil plus bas afin de maintenir le processus de guérison actif et le message de danger se fera plus facilement. Cette adaptation est en partie responsable de la chronicité d’une blessure. La moelle épinière laissera donc passer tous les signaux plutôt que de les contrôler. Elle devient donc plus sensible (sensibilisation centrale)(Howard Fields, La psychologie de la douleur, 2011). Le fait de pratiquer une activité physique permettrait d'augmenter le seuil de perception de la douleur (Dr Yves Henchoz, Lombalgies non spécifiques: faut-il recommander l'exercice et les activités sportives,2011).
 

Références:  
Jean-François Harvey, L'entraînement Spinal. Comprendre les problèmes de dos pour mieux les prévenir. (2011, Les Éditions de l'Homme). Groupe Livre Québécor Media inc. (Montréal,Québec).  

Cerveau et Psycho (2011). La douleur chronique, Édition mars-avril 2011 #44